Michel, son pied… et sa grand-mère aveugle

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Michel Kuate est un jeune Camerounais d’une vingtaine d’années. IL travaille comme agent de sécurité dans une société privée, où il est chef d’une équipe. Michel K. vit avec sa compagne Silvia depuis 4 ans. Elle a donné naissance à une petite fille de 2 ans. Très fière de sa famille et de sa petite vie, Michel n’a cependant jamais oublié, comme il le dit lui-même à chaque témoignage, ‘ que c’est l’ARED qui lui a sauvé la vie… ‘

Le 26 Janvier 2002, un adolescent est conduit à la MJC de Douala, devant les bureaux de l’ARED par un inconnu. Michel ne marche pas. Et sur son pied droit, on peut voir qu’il a une très large plaie infectée qui est devenue une gangrène. Ce pied est tellement gonflé, qu’il lui est impossible de marcher. Conduit urgemment dans un premier hôpital, le diagnostic est grave et les médecins se disent incapables de faire quelque chose pour lui. Ils nous conseillent de l’emmener à la léproserie de la Dibamba, un hôpital spécialisé pour ce genre de cas et qui est situé à 20 km de Douala. Le pauvre enfant y restera hospitalisé durant 2 années et subira plusieurs opérations de greffe… afin que ce pied ne soit pas définitivement amputé.

Le courage et la volonté dont il fait preuve, encouragera les animateurs de l’ARED à tout faire pour qu’il soit soigné. D’ailleurs, la sœur Carmelle docteur Espagnol spécialiste des plaies qui lui a fait les trois opérations, témoignera plus tard en disant … c’était un enfant qui avait envie de vivre et de garder ses 2 pieds…

Plus tard, nous avons rencontré le seul parent au monde pour Michel à 400 km de Douala. Dans son village natal Bandjoun. C’est elle sa grand-mère âgée de 70 ans, aveugle depuis 40 ans qui nous accueille et nous raconte quelques jours après, la triste histoire réelle de son petit-fils.

Michel n’a jamais connu son papa. Sa maman est décédée, alors qu’il était encore bébé. La pauvre et aveugle grand-mère s’est battue pour que l’enfant ne meure pas à bas âge. Ne pouvant pas aller à l’école, Il a pris conscience du handicap de sa grand-mère, et c’est plutôt lui qui a tout fait pour aider sa grand-mère. C’est durant les travaux champêtre qu’il faisait pour gagner un peu d’argent, qu’il a eu une petite blessure qui malheureusement faute de soins, est devenue une gangrène sur le pied à amputer…

L’ARED a mis sur pied trois grands plans d’insertion après sa sortie et de l’hôpital et sa guérison.

Le premier était un projet agricole et d’élevage de poules. Malheureusement, le projet a fait échec au bout de 2 ans car toute la volaille a été décimée par les maladies de poules. Il faut reconnaitre que Michel n’était pas suffisamment formé.

Le deuxième nécessitait beaucoup de parcelles de terre et faute de moyens, l’ARED n’a pas pu trouver tous les financements.

Le troisième et le dernier projet qui a enfin bien marché, c’était de lui donner une petite base de lecture et de calcul…c’est grâce à cette dernière formation qu’il travaille et s’occupe de sa petite famille.

Nous vous avons fait part de ce témoignage, parce que Michel est actuellement dans le malheur. Sa grand-mère qui était sont unique et dernier parent est décédée il y’a quelques jours des suites d’une longue maladie. L’ARED s’est mobilisé pour le soutenir dans ce moment très difficile pour lui.

Nous rappelons que cette grand-mère était aveugle depuis 40 ans environ, et c’est elle qui a élevé toute seule Michel. Sa mère étant morte alors qu’il était nourrisson et n’ayant connu son père, il est très affecté.

La présidente de l’ARED, lui a fait un prêt d’argent, pour les funérailles et l’ARED l’a aussi aidé à acheter un cercueil.

Sauvée par l’ARED

getuigenis Raïssa - Solange & baby Raïssa getuigenis Raïssa - Raïssa & formatrice

Dans certaines familles au Cameroun, la pauvreté est tellement écrasante, que les parents ne sont pas prêts à accepter le moindre dérapage… Alors, quand une des filles vient à tomber enceinte, alors qu’elle est la seule de toutes les filles de cette famille, qui a l’extraordinaire chance d’aller à l’école, le rejet de celle-ci par ses parents devient presque une condamnation à mort. Conclusion, elle subit le mépris de tous.

Cette histoire, est ce qui est arrivée à la petite Raïssa. La maman de cet enfant est la seule à qui les parents ont décidé de payer l’école. Car le papa est polygame et avec ses deux épouses, il a fait une vingtaine d’enfants, dont plusieurs filles et plusieurs garçons. La mère de Raïssa qui s’appelle Solange, obtient son certificat d’études primaire et tombe malheureusement enceinte.

Fou de rage, le papa la chasse de la maison. Elle va errer dans la rue, avant d’être récupérée et ramenée dans sa famille par les animateurs de l’ARED en 1988. Les parents refusent catégoriquement de l’accepter. Car, ils n’auront jamais les moyens pour s’occuper de l’enfant dans leur maison. Néanmoins l’ARED obtient un compromis et propose que la jeune fille soit prise en charge par les animateurs. Neuf mois après, Solange donne naissance à une petite fille qui s’appelle Raïssa.

L’ARED prend ses responsabilités et les animateurs veillent à ce que l’enfant se porte bien, jusqu’à l’âge d’aller à l’école. A l’âge de 6 ans, une tante de la famille va proposer de récupérer la petite Raïssa chez elle afin de soulager la jeune maman Solange.

L’ARED assurera la scolarisation de Raïssa, jusqu’à ce qu’à ce qu’elle obtienne, son tout premier diplôme de fin d’étude primaire le C.E.P. Malheureusement, les moyens financiers de l’ARED diminuent de plus en plus, et nous sommes obligés de revoir l’aide et les bourses accordées aux enfants et aux familles. Toutefois, malgré que la scolarité soit trop élevée au collège, une partie de l’école de Raïssa serra toujours payée par l’ARED. En fin d’année dernière, elle nous a fait la joie d’obtenir son deuxième diplôme scolaire, le C.A.P. (Certificat d’Aptitude Professionnel).

Malheureusement, ce magnifique projet est aujourd’hui un ralenti, pour deux raisons principales:

1- La santé de Solange. La maman de Raïssa est très malade et est hospitalisée depuis le mois de Février 2013 elle souffre d’une maladie infectieuse très grave, qu’on a découvert trop tard. (La tuberculose)

2- Cette situation risque d’obliger la jeune Raïssa, à arrêter l’école pour s’occuper de sa mère.

Déjà qu’elle est surchargée des responsabilités précoces. En mars 2013 l’ARED a décidé d’acheter 3 machines à coudre d’occasion…une des machines lui été remise. Et grâce à elle, Raïssa coud des robes pour enfants, des rideaux, des nappes de tables… que les animateurs de l’ARED, l’aide à revendre à des amis et lui donne l’argent, qu’elle réutilise pour payer une partie de son école. Une autre partie pour rembourser la machine qu’on lui à acheter et le reste pour aider sa mère…